dimanche 19 avril 2015

Ces Extra-terrestres Qui Nous Gouvernent



 "Le grand complot continue même après la mort , c’est horrible" 


* Y a rien de délirant à penser qu’une (ou plusieurs) civilisation, ayant plusieurs millions d’années d’avance sur la nôtre, possède non seulement la technologie pour un déplacement interstellaire instantané, mais ait été capable de créer la race humaine. Pourquoi donc une telle civilisation ne serait pas non plus en mesure de tirer les ficelles en coulisses en induisant des modalités d’époques ? Après tout, toutes les expériences secrètes du genre MKultra ont bien montré à quel point la conscience humaine est facilement manipulable, on serait bien en peine d’imaginer une technologie ayant seulement 100.000 ans d’avance. 

* On peut pousser le raisonnement plus loin, en pensant comme le faisait l’Inde ancienne (et dans une certaine mesure l’actuelle), qu’une vie n’est qu’un chaînon dans une ligne de réincarnations. La mort n’y serait qu’une étape et le processus qui gère cet ensemble nous serait totalement inconnu. Je reconnais chez toi la prétention zététique à penser l’Univers depuis la minuscule bulle de la conscience humaine qui nous sert péniblement à bouffer. Pourquoi ne devrait-il pas exister d’intelligence supérieure capable d’influer sur cette ligne de réincarnations, et pourquoi ne devrait-elle pas être de nature prédatrice ? 

* "Mais je me demande comment on peut vivre un tant soi peu heureux quand on a cette représentation du monde" 

* Il y a incontestablement une immense conspiration contre l’Homme depuis la nuit des temps. Nietzsche s’était déjà plaint que l’avancée du génie grec avait été stoppé net et qu’il avait fallu attendre 2 millénaires pour recommencer au même endroit, personne ne pourra jamais expliquer ces 2 millénaires par la seule barbarie et les seuls délires obscurantistes, le génie humain ayant toujours été illimité. Il y a une puissance supérieure qui met, pour une raison inconnue, les bâtons dans les roues au genre humain, et le mur dans lequel nous nous dirigeons malgré tout notre génie en est la preuve irréfutable. Maintenant est-ce que ça empêche de vivre heureux ?

 Oui, certainement. Mais moi je dirais l’inverse. La condition nécessaire à vivre heureux, c’est de fermer les yeux.

dimanche 15 mars 2015

Les Différents Types de Fin Du Monde : Cosmique Nucléaire Écologique Et Biologique...





LE THÈME DE LA FIN DU MONDE.

Le thème de la fin du monde est aussi ancien que la peur de mourir. Il apparaît tout constitué dans les religions – fort nombreuses – qui développent des mythes « eschatologiques » (c’est-à-dire des récits relatifs à la fin du monde) : l’Apocalypse pour le christianisme, le Chant de la Vola pour l’ancienne religion Scandinave, etc. A ce moment déjà, le thème présente une double face : tantôt la fin du monde – ou d’une partie du monde – est envoyée par les dieux pour punir l’homme de ses péchés (c’est le cas dans le Critias de Platon, prototype des récits sur l’Atlantide), tantôt elle apparaît comme un processus inéluctable, intégré au cycle de la nature comme l’hiver au retour éternel des saisons (c’est le cas dans la Septième Eglogue de Virgile ainsi que dans le Chant de la Vola).

La science-fiction a beaucoup emprunté à ces mythes vénérables, à commencer par l’idée du cataclysme modèle : le déluge. Dans Les Posthumes (1802) de Restif de la Bretonne, il est dû à la fonte des glaces polaires ; dans La Fin du Monde (1830) de Rey-Dussueil, il est dû au passage de la comète de 1832, qui déplace l’axe de la Terre et soulève les océans. Puis les auteurs s’enhardissent et imaginent des catastrophes naturelles variées : chez Edgar Pœ (Conversation d’Eiros avec Charmion, 1839), l’atmosphère de la Terre est empoisonnée par celle d’une nouvelle comète ; chez Gabriel Tarde (Fragment d’histoire future, 1889) et Camille Flammarion (La Fin du Monde, 1893), une offensive du froid provoque une énorme glaciation ; chez Jacques Spitz (L’Agonie du Globe, 1935), la Terre est purement et simplement coupée en deux.


A ces agressions cosmiques menaçant toute la planète, s’opposent des fléaux plus spécialement biologiques s’attaquant électivement à l’homme. Ici encore les précédents ne manquent pas – dont plusieurs des sept plaies d’Egypte – et Mary Shelley extrapole à peine lorsqu’elle raconte dans The Last Man (1826) la fin de l’espèce humaine par la peste. A la fin du XIXe siècle, la découverte des mutations transforme et relance le thème de l’épidémie : dans Une invasion de macrobes (1909) d’André Couvreur, les vainqueurs de l’humanité sont des microbes géants ; dans La Guerre des mouches (1938) de Jacques Spitz, ce sont les mouches devenues intelligentes ; dans Greener than you Think (1947) de Ward Moore, imité par Thomas Disch dans Génocides (1965), ce sont des végétaux très résistants qui envahissent toute la surface du globe et ne laissent aucune place à l’homme.
Jusqu’ici nous avons surtout rencontré des invasions, des agressions, des périls venus de l’extérieur et mettant en scène de nouveaux personnages. D’autres histoires décrivent la fin du monde par manque, par défaillance subite d’une chose ou d’un processus sur lequel nous comptons habituellement. Dès 1800, Malthus prédisait la fin du monde par excédent d’hommes et carence de matières premières. A la même époque, Jean-Baptiste Cousin de Grainville évoquait dans Le Dernier Homme (1805) l’hypothèse selon laquelle le genre humain deviendrait stérile. Ce dernier thème a été souvent repris jusqu’au Barbe-Grise (1964) de Brian Aldiss ; mais c’est surtout le premier qui a donné prise à l’imagination des auteurs, en particulier dans le premier tiers du XXe siècle, où l’humanité a vécu dans l’attente de la grande crise : disparition de l’eau dans La Force mystérieuse (1910) de J. -H. Rosny aîné ; disparition du fer dans La Famine de fer (1913) d’Henri Allorge ; disparition de l’électricité dans Le Grand Cataclysme (1922) d’Henri Allorge encore – un spécialiste – puis dans Ravage (1943) de René Barjavel ; disparition du pétrole dans Le Grand Crépuscule (1929) d’André Armandy. Conformément à sa vocation, la science-fiction s’emploie ici à inquiéter, à suggérer que les fondements les plus sûrs de notre existence sont en définitive aléatoires et fragiles.
Cataclysme par intrusion, cataclysme par stérilité : c’est toujours en fin de compte le cataclysme, le choc, le grand spectacle, l’inspiration apocalyptique de la pythie écumant sur son trépied ou de la vola chantant d’une voix cassée le crépuscule des dieux. Un grand vent passe, qui emporte le monde avec lui et ne laisse pas pierre sur pierre.


A ces visions hallucinées répondent les crépuscules alanguis des prophètes de la mort lente. Ici nous changeons de rythme ; plus de coups de théâtre ni même d’événements, l’humanité s’endort petit à petit, dans une décadence progressive qui peut prendre des millions, voire des milliards d’années. Le principe de Carnot implique à très long terme la disparition des sources chaudes (comme le Soleil) et l’uniformisation des températures dans l’univers ; il représente en somme le Soleil comme un calorifère destiné à s’éteindre après épuisement du combustible (à l’inverse de la théorie plus récente qui prévoit la mort de l’astre dans une explosion du type nova ou supernova). Cette doctrine a été abondamment illustrée par la science-fiction, en particulier dans deux nouvelles de John W. Campbell, Jr., Crépuscule (1934) et Le Ciel est mort (1935). Les variations sur l’entropie n’épuisent d’ailleurs pas le thème du grand crépuscule : The Red Brain (1927) de Donald Wandrei met en scène une poussière cosmique qui éteint les étoiles ; apparue dans notre univers depuis des milliards d’années, elle finira par y anéantir toute vie.

Ici encore, la mort cosmique a son répondant : la mort biologique de l’espèce humaine. Un des grands prophètes de malheur de la science-fiction, H. G. Wells, a maintes fois exprimé, depuis La Machine à explorer le temps (1895), sa conviction que l’humanité est vouée à une lente décrépitude. D’autres auteurs concèdent que l’homme deviendra de plus en plus intelligent, mais que cette quête d’une perfection glacée lui fera perdre jusqu’au goût de la vie : c’est notamment le point de vue de Campbell dans les deux nouvelles citées plus haut et d’Arthur C. Clarke dans La Cité et les Astres (1956). On dirait que le fardeau de l’éternité à vivre est accablant pour l’homme et que je ne sais quelle pulsion l’incite à se rouler en boule et à attendre la mort comme un bienfait. Cette passivité masochiste triomphe dans la science-fiction anglaise, où les disciples de Wells sont légion et où bien souvent les catastrophes lentes ne sont qu’un décor métaphorique accompagnant le déclin du goût de vivre : nous assistons ainsi à une fin du monde par la végétation dans Le Monde vert (1961), par l’inondation dans Le Monde englouti (1962), par le vent dans The Wind from Nowhere (1962), par la sécheresse dans The Drought (1965), par la cristallisation dans La Forêt de cristal (1966). Le premier de ces romans est de Brian Aldiss, les quatre derniers de J.-G. Ballard le grand spécialiste actuel des fins du monde esthétisantes et désenchantées.


Mais si ces fins du monde sont désirées, elles ne sont pas provoquées par l’homme. Une autre catégorie d’histoires, peut-être plus centrales dans le réseau de thèmes de la science-fiction, est celle où l’humanité cause elle-même sa propre perte. Les prototypes religieux – l’Atlantide, le Déluge – ne jouent ici que le rôle d’une toile de fond : ce ne sont plus des dieux qui châtient les hommes, ce sont les hommes qui s’autodétruisent, même si c’est à leur corps défendant. Chez l’humoriste Eugène Mouton, le développement technologique entraîne l’excès de chaleur, qui entraîne à son tour « la combustion spontanée de la Terre et de tous ses habitants » (La Fin du Monde, 1883) ; chez J.-B.-S. Haldane, la domestication des marées ralentit la rotation de la Terre et provoque la catastrophe (The Last Judgment, 1927). Ils sont les ancêtres du mouvement écologique, pour qui la fin du monde est conçue avant tout comme une mort de la nature consécutive au « progrès » de la civilisation.

En matière de casuistique des fins du monde, on atteint un plus haut degré de subtilité avec les histoires où un homme sait qu’il peut déclencher l’holocauste et court le risque en toute lucidité, comme il arrive parfois en temps de guerre. C’est vers 1880, avec la montée des impérialismes, que la science-fiction a découvert le thème de la guerre mondiale, sous des formes parfois caricaturales (le péril jaune !). Le progrès technique aidant, il est devenu évident pour tous que la guerre future utiliserait des armes inédites, et la première partie du XXe siècle est remplie d’histoires où la fin du monde est déclenchée par des apprentis sorciers jouant à la guerre, notamment à la guerre bactériologique : citons L’Offensive des microbes (1923) du « professeur Motus », où les Allemands utilisent dès virus mutants lâchés sur la France dans de petites bombes en verre ; le vaccin ne sera délivré aux Français que s’ils s’avouent vaincus, mais ce vaccin a des défauts et le monde entier, Allemagne comprise, est bientôt frappé à son tour. Et Barjavel de conclure après bien d’autres : « La science, par les forces qu’elle a libérées, détruira un jour le monde » (Cinéma total, 1944).

Dans ce registre, la voie royale est évidemment la guerre atomique. L’énergie nucléaire fait son apparition en littérature dans le Voyage au pays de la quatrième dimension (1912) de Gaston de Pawlowski ; la première bombe A explose – sur Paris – dans The World Set Free (1914) d’H.G. Wells. L’école américaine reprend le thème en lui ajoutant la dimension imaginaire qui lui est propre : La Flamme noire (1935) de Stanley Weinbaum se passe mille ans après la guerre atomique, dans un nouveau Moyen Age né de la catastrophe. La fin du monde est un prétexte à s’échapper sur les ailes du rêve ; on n’y croit pas.

Tout change après Hiroshima : la preuve est faite que les hommes n’hésitent pas à se servir d’une arme monstrueuse, même s’ils s’abritent derrière le paravent de la démocratie. Bientôt la guerre froide et la bombe H viennent fournir à la fois la fin et les moyens de l’holocauste. L’Amérique va vivre dans la peur de la guerre atomique jusqu’au début des années soixante où, après la crise de Cuba, Kennedy et Khrouchtchev entreprennent d’explorer les voies d’un rapprochement. La détente reste fragile, comme le montrent les livres de politique-fiction, dont la mode est caractéristique des années soixante : dans Point-limite (1962) d’Eugene Burdick et Harvey Wheeler, un simple incident technique nous fait frôler la guerre mondiale malgré la bonne volonté des dirigeants. Néanmoins, il y a bel et bien de la bonne volonté, ce qui marque le retour à la bonne conscience et la retombée de la hantise nucléaire.

Depuis lors, la fin du monde est restée à l’horizon, mais la peur écologique est venue remplacer la peur atomique : peur elle aussi très spécifiquement actuelle et qui n’épuise pas les possibilités de la science-fiction, comme le montrent des romans tels que Fin de planète (1927) de Claude Farrère ou Et la planète sauta… (1946) de B. R. Bruss, où l’on voit la pseudo-cinquième planète du système solaire détruite par ses habitants pour former la ceinture des astéroïdes. Mais il fallait choisir. On a remis à plus tard l’indispensable anthologie sur le péril écologique, le thème étant vraisemblablement appelé à de plus amples développements ; le présent volume est centré sur le cataclysme nucléaire, qui est le thème le mieux exploré, celui qui a donné lieu aux variations les plus nombreuses et les plus riches, et aussi aux textes les plus mémorables.

JACQUES GOIMARD.

Histoires de fins du monde (la Grande anthologie de la Science-Fiction)

mardi 10 février 2015

Désir De Catastrophe De Fin Du Monde Et D'effondrement Civilisationnel



LE DÉSIR D’EFFONDREMENT

 

  À ceux qui l’ont vécue dans leur chair et qui en sont morts.

  À ceux qui l’ont revécue dans leur tête et qui en sont morts.

  À ceux qui survivent.

  Au reste qui reviendra.

 

  Vous avez déclaré la guerre, et voilà que l’ennemi est vainqueur. Les gens sont abattus, raides morts ou rangés à genoux, promis à l’esclavage. Les choses mêmes sont à l’envers : statues des dieux renversées et humiliées, maisons pillées, villes saccagées, murailles détruites, forêts rasées, sol retourné pour y semer du sel. Tout est abattu, tout est désespéré.

  Étymologiquement, la catastrophe est le retournement et par suite l’anéantissement. On voit bien pourquoi : la mort est un retournement, peut-être le retournement par excellence. Votre corps est là, ployé, il occupe encore l’espace, mais il a cessé d’occuper le temps ; votre domaine reste le même, à ceci près qu’il n’est plus à vous. La catastrophe, c’est la fin d’une vie, c’est-à-dire la fin d’une guerre totale – ou d’une fiction tragique

Il n’est pas facile de faire la guerre ; il est moins facile encore de la penser. Tuer, on peut à la rigueur ; mourir, on y arrive toujours ; mais mourir tous ? Penser la mort de votre femme, de vos enfants, de votre lignée, de votre langage ? On peut jouer à en rêver ; mais on a du mal à le croire, et d’ailleurs c’est une croyance qui fait mal. Les prophètes d’Israël apparaissent au moment où les conquérants étrangers deviennent menaçants ; ils se disent porte-parole de Dieu (c’est le sens étymologique du mot prophète) et leurs sombres prédictions doivent se lire au second degré : ils dénoncent la politique de leurs rois et annoncent qu’elle mènera à la ruine. Écoutons Isaïe :

 

  Le sol s’abreuve de sang, s’emplit de graisse.

  C’est le jour de vindicte du Seigneur,

  De représailles à cause de Sion.

  Les torrents d’Idumée sont de la poix.

  O poussière de soufre et sol de braise !

  Le sol ne s’éteint jamais, fume à jamais(1).

 

  Mais cette promesse de mort pour la terre est aussi une promesse d’avenir pour les juifs purifiés par l’exil :

 

  Les délivrés reviennent à Sion

  En hurlant d’allégresse sur la route.

  Un bonheur éternel est sur leur face,

  Ils ont la joie : les pleurs ont disparu(2).

 

  Une autre partie du Livre d’Isaïe (vraisemblablement écrite par une autre main) annonce aussi la catastrophe pour l’ennemi vainqueur :

 

  « Elle est tombée, Babel, elle est tombée,

  La face de ses dieux se brise sur le sol. »

  O mon peuple battu, broyé sur l’aire

Voilà ce que ton Dieu m’a révélé. (3)

 

  Ajoutons qu’Isaïe donna à l’un de ses fils le nom de Shear Yashub (« Un reste reviendra »). Ce nom aurait pu servir d’emblème au présent volume ; Isaïe n’est pas pour autant un auteur de S.-F.

  La Grèce a eu son Isaïe en la personne d’Hésiode. S’il n’a pas été inspiré par Yahveh, il l’a été par les Muses, et les chants qu’elles soufflent aux poètes ne sont pas toujours illusoires, comme elles le disent elles-mêmes :

 

  « Nous savons dire des mensonges très semblables au vrai,

  Et nous savons, quand nous voulons, chanter des vérités(4). »

 

  Or, elles assignent à Hésiode une mission précise :

 

  Chanter ce qui sera et ce qui fut avant(5).

 

  Le pouvoir de dire ce qu’il faut, ce sont elles qui le donnent aux rois, pour apaiser les conflits, et aux poètes, pour apaiser les affligés(6). Hésiode remplit sa mission ; les rois manquent à tous leurs devoirs. Dès lors le poète prophétise la vengeance des dieux :

 

  Souvent toute une ville souffre d’un seul pervers

  Qui sombre dans la faute et trame des folies.

  Sur eux, du haut du ciel, Zeus envoie un désastre,

  Peste et famine unies ; les hommes dépérissent,

  Les femmes sont stériles et les maisons s’écroulent(7).

 

  Qui est pervers ? Nous l’apprenons bientôt :

 

  Le peuple doit payer la folie de ses rois(8)
En fait, Hésiode ne parle pas seulement en témoin ; comme Isaïe, il est engagé dans le conflit. Il a perdu un procès contre son frère Persès, celui-ci ayant corrompu les rois qui ont rendu le jugement. Il est blessé au point qu’il écrit un long poème pour conseiller son frère : qu’il travaille sa terre au lieu de convoiter celle d’autrui ; qu’il se choisisse une épouse vierge au lieu de convoiter celle du voisin (ou du frère ?) ; qu’il compte sur l’équité des juges et non sur leur cupidité. Prométhée a volé le feu à Zeus pour le donner aux hommes ; Zeus s’est vengé en leur envoyant Pandore, la femme-robot modelée par Héphaïstos dans l’argile et l’eau. Elle a ouvert la jarre contenant les peines (c’est-à-dire la fatigue et la maladie) et celles-ci se sont échappées ; c’est depuis ce temps-là que les hommes sont voués au travail et à la pathologie. Nous ne sommes pas très loin du récit de la Genèse.

  Alors Hésiode nous assène un grand mythe cosmogonique, qui est aussi – indirectement – un mythe eschatologique. L’histoire tout entière est une longue, une interminable chute. Cinq races humaines se sont succédé au cours des temps. Ceux de l’âge d’or ne travaillaient pas ; ils vivaient comme des dieux ;

 

  Mourant, ils paraissaient succomber an sommeil(9).

 

  À ce bonheur quasi fœtal succéda l’âge d’argent qui est celui de l’enfance. Les hommes de cette époque, pendant cent ans, jouaient dans la maison de leur mère ; puis ils atteignaient la puberté, découvraient la violence, refusaient d’honorer les dieux et mouraient. Alors Zeus créa la race de bronze, celle des jeunes guerriers, et ils s’entretuèrent. La quatrième race fut celle des héros, nés de l’union des dieux et des mortelles, plus justes et plus braves, mais combattant comme leurs aînés avec des armes de bronze, et ils périrent dans de grands affrontements collectifs comme la guerre deThèbes et la guerre de Troie. Du coup les dieux ont maudit les hommes ; le temps est venu de la race de fer, qui est celle d’Hésiode :

 

  Le jour ils souffriront fatigues et misères,

  Et connaîtront la nuit les peurs venues des dieux(10).

 

  Rien d’étonnant : Pandore a refermé la jarre avant que l’espoir ait eu le temps de sortir. Il n’y a pas d’espoir.

  Pourtant Hésiode a un regret. Il aurait préféré mourir auparavant ou exister plus tard(11).

  Plus tard, car l’âge adulte de l’humanité souffrante ne durera pas éternellement :

 

  Mais viendra l’heure où Zeus détruira ces mortels ;

  Il naîtra des enfants couverts de cheveux blancs ;

  Le père et les enfants ne seront plus semblables.

  Aux mortels resteront la peine et la souffrance ;

  Contre le mal, point de recours(12).

 

  Il y a bien là un souffle apocalyptique ; Hésiode ne semble pas désireux de vivre cette agonie, et s’il regrette de ne pas exister plus tard, c’est qu’il postule un au-delà de la catastrophe. Sans doute a-t-il la nostalgie de quelque Éden futur ; peut-être y a-t-il un rapport, perçu ou entr’aperçu, entre l’Éden futur et l’Éden passé.

  Si le futur est le retour du passé, c’est que rien ne se perd et que rien ne se crée : Descartes a raison de dire que l’imagination n’est qu’une faculté de reproduire et les adversaires de la S.-F. ont raison de dire qu’elle n’invente rien. Et peut-être ont-ils raison, en effet : il suffit de considérer le ciel pour s’en convaincre. Le retour quotidien du soleil, le retour mensuel de la lune, le retour annuel des solstices laissent penser que les trajectoires plus compliquées des planètes obéissent à une loi du même genre et que le même reviendra. Lecommencement du monde n’est pas seulement dans le passé, mais dans l’avenir ; et c’est la fin du monde qui justement annonce sa création. Les mythes cosmogoniques, presque partout, ressemblent aux mythes eschatologiques. La description qu’en fait Mircea Eliade(13) permet de repérer, dans le dédale des nuances, deux modes de création dominants : d’abord, une création par extraction à partir d’un océan originel (de loin le plus répandu) ; ensuite, une création par échauffement à partir d’un abîme, d’un vide – ce vide qu’Hésiode appelle le chaos. Les deux schémas correspondent aux deux fins du monde les plus courantes ; simplement, les mythologies en parlent moins parce qu’elles ne sont pas très bavardes sur les fins du monde.

  Présentons cependant quelques traits dominants de ces récits épars. La fin du monde par l’eau, c’est le déluge ; il est mentionné à la fois par la mythologie grecque (où le rescapé est fils de Prométhée), par la mythologie hébraïque et par beaucoup d’autres. La fin du monde par le feu, c’est la conflagration. Nous avons déjà vu le feu au travail dans des catastrophes partielles, au moins chez Isaïe. Héraclite lui assigne un rôle beaucoup plus vaste : « Tout sera jugé et dévoré par le feu qui surviendra(14). » Cette prédiction repose sur un principe : « Il n’y a qu’un monde, qui a été créé par le feu et qui retournera au feu après certaines périodes, éternellement(15). » Ce qui s’explique par une loi physique : « Tout est échange de feu.(16) » Nous épargnerons à nos lecteurs les polémiques des exégètes et suggérerons seulement qu’Héraclite, longtemps avant Carnot, a dû tomber inopinément sur le deuxième principe de la thermodynamique – ou même, pourquoi pas ? sur le big bang.

  Le mystère devient plus épais quand l’eau et le feu sont convoqués ensemble. Selon le Shatapatha Brâhmana, au commencement étaient les eaux ; en s’échauffant, elles déclenchèrent le processus qui aboutit à la naissance du monde. Le Chant de la Vola décrit un processus analogue pour lejour de la fin. Tout commence par un âge de fer qui le dispute à celui d’Hésiode :

 

  Je connais une masse de choses ; je prévois dans un lointain avenir

  La fin du monde et la chute des dieux tout-puissants.

  Les frères se combattront et s’entre-tueront.

  Les fils des sœurs déchireront les liens de parenté.

  La perversité envahit le monde, l’adultère s’étale au grand jour.

  L’homme n’aura plus d’égards pour l’homme(17).

 

  C’est alors que l’eau arrive :

 

  Hrym s’avance de l’est, soulevant les flots devant lui.

  Le serpent du monde se tord dans une rage

  Le monstre fouette les vagues gigantesques.

 

  Voici enfin la chute des astres, qui allume le feu :

 

  Le soleil commence à s’obscurcir, la terre s’abîme dans la mer,

  Les étoiles scintillantes sont précipitées de la voûte du ciel.

  Le feu et la fumée font rage,

  Les flammes vacillantes s’élèvent jusqu’au ciel.

 

  Les mythologies plus savantes s’efforcent de séparer l’eau et le feu. Les astronomes chaldéens théorisent la Grande Année : quand les sept planètes se réuniront sous le signe du Cancer, ce sera le Grand Hiver, marqué par un déluge ; quand elles se retrouveront sous le signe du Capricorne, ce sera le solstice d’été de la Grande Année et l’incendie s’allumera. Cette doctrine, révélée aux Grecs par Bérose, permet à Virgile d’annoncer la fin de l’âge de fer, le renouveau qu’Hésiode n’osait même pas nommer :Déjà comme promis l’âge suprême arrive ;

  Un grand ordre renaît au commencement des siècles(18).

 

  L’espoir du retour à l’Éden fait penser à une autre espérance, celle des chrétiens, qui s’énoncera quelques décennies plus tard. Ils ne partagent pas cette vision du temps circulaire ; pourtant ils envisagent eux aussi un retour du messie à la fin des temps. L’espérance projette toujours un avenir devant elle.

  Ce bref survol de quelques catastrophes mythiques(19) suggère que, par-delà les modalités concrètes du cataclysme (l’eau, le feu ou leurs variantes), on pourrait éclairer les fléaux d’un jour nouveau en les classant selon l’échelle. Certains, partiels, ne frappent qu’une ville, un peuple, ou tout au plus l’humanité entière : ce genre de malheur est généralement interprété comme un châtiment, même si les dieux ne font pas le détail et infligent une même calamité aux innocents et aux coupables. D’autres catastrophes, par un effet de passage à la limite, sont décrites comme une ruine de la nature entière, une fin du monde ou même du temps et des dieux (c’est ce qu’annonce la Vola). Ici l’imagination sort des limites de ce qui peut sembler moralement justiciable : quel destin malin voudrait la mort de tout ce qu’il a créé ? L’intérêt particulier d’Hésiode pour notre propos, c’est qu’il explore presque toute la filière du scandale : d’abord il menace la ville coupable d’une vengeance divine ; puis il annonce le collapsus universel ; enfin il exprime le désir de vivre au-delà de ce collapsus. Ce que Borges appelle « l’intolérable hypothèse grecque de l’Éternel Retour(20) » est en vérité un détour pour assigner une limite à l’intolérable : peu importe que l’ordre du monde soit bouleversé, même radicalement, si nous sommes sûrs qu’un ordre immuable des temps fera revivre tous les morts et toutes les choses passées. Héraclite énonce cette certitude avec la sérénité du physicien, Virgile avec laferveur du croyant ; ils ne se veulent pas affolants mais rassurants.

  Mais tout cela relève de la croyance, et nous allons maintenant parler de fictions. Les dramaturges ne seront plus des dieux, mais des écrivains. Pour eux les catastrophes ne sont que des péripéties un peu poussées(21) ; ce n’est plus le monde qui court vers sa fin, c’est l’intrigue. Celle-ci a toujours le droit, bien sûr, de dire que le monde court à sa fin ; le lecteur est libre d’y croire (dans certaines limites) ; il sera soulagé de voir cette fin-là finir avec le récit. Mais peut-on échapper tout à fait à la croyance ? Voilà quarante ans que les hommes ont peur de la guerre nucléaire, et la S.-F. en a fait ses choux gras(22) ; la peur des soucoupes volantes a presque le même âge, et on pourra lire dans ce recueil une nouvelle – celle de Farmer – qui l’identifie à la peur de l’effondrement.

  La S.-F. est un jeu ; elle ne demande qu’un zeste de croyance pour fonctionner. Pourtant elle a plus d’un rapport avec des récits comme les mythes, qui requièrent la croyance dans les sociétés qui les produisent. Elle n’a rien changé, par exemple, à la distinction entre les catastrophes partielles et les catastrophes complètes. Les catastrophes partielles, nous les trouvons à l’échelon le plus modeste – et d’autant plus spectaculaire – dans les films-catastrophes, un genre qui eut une courte vogue au milieu des années 70, et qui pose un problème moral dans la mesure où la catastrophe est toujours présentée comme une épreuve collective et où le ciel finit toujours par aider ceux qui s’aident eux-mêmes (ou du moins une partie d’entre eux) ; genre situé dans les marges de la S.-F., et qui ne la recoupe vraiment qu’à de rares occasions. La Tour infernale (1974) de John Guillermin, le plus grand succès du genre, n’a rien à voir avec la S.-F.

  Paulo majora canamus. Ce recueil ne traitera guère des accidents, même graves, tels que ceux dont se nourrissent les films-catastrophes. Nous retrouverons le motif de l’accident chez Farmer, Pohl ou Spinrad, mais seulement comme une façon d’ironiser sur le destin. Y a-t-il des dieux malins ? Peut-être, chez Daphné Du Maurier ; certainement, chez Frank Belknap Long. Mais ce sont des dieux mineurs, qui tirent leur force littéraire de ce qu’ils sont persécutoires ; et l’on sait assez que les persécuteurs sont libres de persécuter, ce qui leur interdit de jouer le rôle du destin. Le destin a ceci de particulier qu’il contraint les autres et qu’en même temps il se contraint lui-même ; sa loi ne connaît pas d’exception.

  En S.-F., le rôle du destin ne peut être tenu que par deux acteurs : l’humanité elle-même et la nature des choses – la nature au sens le plus large, en y incluant Dieu si l’on y croit. Quand le destin est œuvre humaine, les bourreaux se confondent le plus souvent avec les victimes et les sages peuvent tirer la morale de l’histoire (« je vous l’avais bien dit ») : nous sommes dans l’univers du châtiment, donc de la liberté, donc de l’humanisme – même si l’on ne s’en aperçoit guère. Pour sortir vraiment de cette problématique, il faut que le destin vienne d’ailleurs, sans aucune raison morale, et que l’homme n’y soit pour rien. C’est alors qu’on est saisi par ce que Winnicott appelle « la crainte de l’effondrement(23) ». Une crainte qui est aussi, souterrainement, le désir d’en finir une bonne fois pour toutes. Nous avons tous eu envie un jour de dire comme Caderousse : « Qu’il tombe donc du ciel deux jours de poudre et une heure de feu, et que tout soit dit(24) ! » Ce désir d’anéantissement est à la pulsion suicidaire ce que le docteur Folamour est au premier assassin venu ; comme toujours, la S.-F. voit grand. Pourtant c’est une fiction, elle s’adresse à chacun de nous personnellement. Disons alors, toujours avec Winnicott, que « la crainte de l’effondrement est liée à l’expérience antérieure de l’individu(25) » et observons qu’il y a ici, au niveau du sujet, un autre retour éternel, qui est celui des vieilles obsessions. Ami lecteur, sois prévenu : tu vas glisser le long d’une pente qui descend très bas. Si tu as peur, arrête ici ta lecture, et que tout soit dit. Mais si tu décides de poursuivre ta route, tu verras que l’indicible peut être dit, que l’intolérable peut être toléré, qu’il y a des degrés dans l’effondrement et que le paysage des enfers est aussi varié que celui de notre univers. Puisses-tu en tirer un supplément de force pour les catastrophes qui t’attendent, ou qui feignent de t’attendre!

(Histoires de catastrophes)

mercredi 17 décembre 2014

Exode : L’armée Antique Égyptienne Qui Poursuivait Moïse Découverte Engloutie Dans La Mer Rouge!

MER ROUGE: LES ARCHÉOLOGUES DE DÉCOUVRIR DES RESTES DE L'ARMÉE ÉGYPTIENNE DE L'EXODE BIBLIQUE

plongeurs
Suez | Antiquités ministère égyptien a annoncé ce matin qu'une équipe d'archéologues sous-marins avait découvert ce qui reste d'une grande armée égyptienne du 14ème siècle avant JC, au fond du golfe de Suez, 1,5 km au large de la ville moderne de Ras Gharib . L'équipe était à la recherche des restes des navires et des objets anciens liés à l'âge de pierre et le commerce âge du bronze dans la région de la mer Rouge, où ils tombèrent sur ​​une masse gigantesque d'ossements humains noircies par l'âge. Les scientifiques dirigé par le professeur Abdel Muhammad Gader et associés à la Faculté d'Archéologie de l'Université du Caire, ont déjà récupéré un total de plus de 400 squelettes différents, ainsi que des centaines d'armes et pièces d'armure, aussi les restes de deux chars de guerre, dispersés sur une superficie d'environ 200 mètres carrés. Ils estiment que plus de 5000 autres instances pourront être dispersés sur une zone plus large, ce qui suggère que une armée de grande taille qui ont péri sur le site.
Cette lame d'un magnifique Khopesh égyptien, était certainement l'arme d'un personnage important.  Il a été découvert près des restes d'un char de guerre décoré, suggérant qu'il pourrait avoir appartenu à un prince ou noble.
Cette lame d'un magnifique Khopesh égyptien, était certainement l'arme d'un personnage important. Il a été découvert près des restes d'un char de guerre richement décoré, suggérant qu'il pourrait avoir appartenu à un prince ou noble.
De nombreux indices sur le site ont apporté professeur Gader et son équipe à conclure que les organes pourraient être liés à la célèbre épisode de l'Exode. Tout d'abord, les soldats semblent anciens sont morts sur un sol sec, car aucune trace de bateaux ou navires ont été trouvés dans la région. Les positions des corps et le fait qu'ils étaient coincés dans une grande quantité d'argile et de roche, implie qu'ils auraient pu mourir dans une coulée de boue ou un raz de marée.
Le nombre de cisaillement des corps suggère qu'une grande armée ancienne péri sur le site et la manière dramatique par lequel ils ont été tués, les deux semblent corroborer la version biblique de la traversée de la Mer Rouge, où l'armée du pharaon égyptien a été détruit par le retour les eaux que Moïse avait entrouvertes. Cette nouvelle découverte prouve certainement qu'il y avait effectivement une armée égyptienne de grande taille qui a été détruit par les eaux de la mer Rouge pendant le règne du roi Akhénaton.
Le célèbre récit biblique de la "Red Sea Crossing» a été dismisseded par de nombreux chercheurs et historiens comme plus symbolique qu'historique.
Pendant des siècles, la célèbre récit biblique de la "Red Sea Crossing» a été rejetée par la plupart des chercheurs et des historiens que plus symbolique qu'historique.
Cette découverte étonnante apporte la preuve scientifique indéniable que une épisodes les plus célèbres de l'Ancien Testament était en effet les, basée sur un événement historique. Il apporte une perspective nouvelle marque sur une histoire que beaucoup d'historiens se sont penchés pendant des années comme une œuvre de fiction, et suggérant que d'autres thèmes comme les «plaies d'Egypte" pourraient en effet avoir une base historique. Opérations Beaucoup plus de recherche et beaucoup plus de récupération sont à prévoir sur le site au cours des prochaines années, comme le professeur Gader et son équipe ont déjà annoncé leur désir de récupérer le reste des corps et des objets d'été se est avéré être l'un des sites archéologiques subaquatiques les plus riches jamais découvert.

mardi 9 décembre 2014

Pourquoi Le Déluge Punit L'humanité Quand Elle Atteint Un Ètat De Développement Scientifique Et Spirituel Supérieur?



L'homme se trouve au centre d'un grand conflit cosmique


Les forces opposées de l'ombre et de la lumière, du nihilisme et de la plénitude, de la haine et de 1' amour, se combattent pour s'assurer la maîtrise de son âme, car cette victoire décidera du sort de 1'univers créé et définira le caractère de tous les univers encore non formés. La lumière l'emporte lorsque la raison et l'intelligence sont valorisées par l'être humain, lui permet­tant ainsi de détourner son attention des préoccupations purement matérielles et de cultiver les valeurs spirituelles. En réaction, l'ombre agit sur le monde pour détruire la raison et l'intelligence, ce qui empêche l'humanité de tenir sa promesse spirituelle et de prendre part à une vaste rédemption. 

Systématiquement, nous disent les Anciens, lorsqu'une société atteint un haut niveau, elle est cruellement châtiée et contrainte de revenir à un état inférieur. Rédigés en Égypte dans les premiers siècles de notre ère, les textes gnostiques nous précisent ainsi que le cataclysme global resté dans nos mémoires sous le nom de «Déluge» et associé à Noé n'a pas été voulu par «Dieu» dans le but de châtier le mal, contrairement à ce qu'affirme la Bible. 




La catastrophe a été conçue par les forces de l'ombre, soucieuses de punir l'humanité antédiluvienne d'avoir aspiré à un état de développement scientifique et spirituel supérieur, et désireuses de «prendre la lumière» qui grandissait en chacun. Et c'est bien ce qui s'est produit. Bien que certains individus aient échappé à 1'anéantissement, la plupart des hommes se sont jetés «dans une grande distraction et une vie de labeur, de sorte que l'humanité s'occupe des affaires de ce monde et n'ait pas l'occasion de se vouer à l'esprit saint». 

Dans l'œuvre qu'il consacre à l'Atlantide disparue, Platon déplore également le fait que, lorsqu'une civilisation parvient à un stade élevé, lequel ouvre la voie à 1 'étude, à la contemplation et aux choses de 1' esprit, «revient, à intervalles réglés, comme une maladie, fondre [ . . ] le torrent du ciel, ne laissant survivre que les illettrés et les gens incultes», si bien que l'être humain oublie son passé et tout ce qu'il a appris, pour recommencer «comme une nouvelle jeunesse».
  
...

L'univers est infiniment mystérieux, infiniment varié. Aussi n'est­-il pas impossible d'imaginer que cette indicible tragédie nourrisse et
engraisse une monstrueuse intelligence cosmique, dévoreuse de
négativité et de ténèbres. En fait, les textes gnostiques évoquent une puissance surnaturelle de cette sorte lorsqu'ils associent l'arrivée du Déluge sur l'humanité à une volonté de priver celle-ci de sa «lumière».

Quelle profondeur l'obscurité universelle n'atteindrait-elle pas si
cette petite flamme nous était arrachée à jamais !

Cependant, s'il faut en croire les textes, l'ombre ne peut pas
triompher seule. Elle a besoin de notre aide et de notre bonne (en
1 'occurrence, on devrait plutôt dire « mauvaise») volonté pour

parvenir à détruire la lumière.

Le Mystère de Mars - Hancock - Bauval - Livres

dimanche 30 novembre 2014

Situation Actuelle de la Planète Terre : "Nous Vivons Aujourd'hui Un Épisode D'impacts!"

Où en sommes-nous ? 


Plusieurs astronomes de grand renom, dont Victor Clube, Bill Napier, David Asher, Duncan Steel, Mark Bailey, Fred Hoyle et Chandra Wickramasinghe, ont été les premiers à procéder à une évaluation intelligente de la situation actuelle. Voici la «chaîne de preuves» qu'ils ont assemblée. 

Pour ce faire, et dans la mesure du possible, nous reprendrons leurs propres termes ; mieux que les nôtres, ils permettront en effet au lecteur de comprendre les intenses préoccu­pations et le sentiment de grande urgence qui animent ces scienti­fiques. 

D'une part, nous partageons leur inquiétude. D'autre part, il est à nos yeux d'une importance capitale que le public et les décideurs politiques prennent connaissance de leurs travaux. Ceux-ci démontrent en effet que l'environnement galactique dans lequel le système solaire évolue en ce moment est plus dangereux et plus imprévisible que jamais. Avec un nombre sans cesse croissant de collègues du monde entier, ces hommes attirent notre attention sur les faits suivants: 

• Certains éléments prouvent l'apparition, «dans le nuage de Oort, d'une très récente perturbation liée d'une certaine façon au mouve­ment solaire». 

Le Soleil, qui a depuis peu traversé le plan médian et dense de la galaxie, « effleure » actuellement sa surface, dont il n'est séparé que par 8 degrés. 

• Depuis environ cent millions d'années, il a séjourné dans le bras spiral d' Orion, qu'il a parcouru «selon un angle assez aigu par rapport à son axe, tout en effectuant un ou deux cycles d'ondulations».

 • Il a récemment achevé son passage et se trouve juste au-dessus de la limite interne du bras. 

• Il vient de «pénétrer dans ce qui ressemble aux vestiges d'un ancien nuage moléculaire géant en cours de désintégration. Il s'agit d'un anneau de matières qui renferme la plupart des régions génératrices d'étoiles et des nuages moléculaires situés au voisinage du Soleil. Les jeunes étoiles bleues forment dans le ciel une arche aujourd'hui appelée «ceinture de Gould», mais connue depuis l'époque de Ptolémée [ . . . ]. 
Le système solaire n'a traversé la cein­ture de Gould qu'il y a cinq millions d'années au moins et dix millions d'années au plus [ ] ». 

• À partir de ces données, une conclusion terrifiante s'impose : 1'«adresse» actuelle du Soleil au sein de la galaxie révèle non seule­ment qu'un épisode de bombardement est imminent, mais aussi qu'il a dû commencer et que le pourcentage des impacts, en ce moment même, est sans doute extraordinairement élevé : • • • 




« La position du Soleil, situé sur le bord intérieur du bras spiral d'Orion, indique que nous nous trouvons actuellement dans une phase d'activité. De plus, le système solaire vient de couper le plan de la galaxie, 1' endroit où les forces de marée qui influent sur le nuage cométaire sont à leur maximum ; le flux cométaire s'approche donc d'un temps fort du cycle galactique. Il y a peu, il a aussi traversé la ceinture de Gould. Il subit donc un effet de marée exceptionnel en raison de son récent passage dans un ancien nuage moléculaire en cours de désintégration [ . . . ]. Cette rencontre a dû engendrer un violent épisode d'impacts, dans lequel nous sommes toujours plongés [ . . . ] . [En résumé,] le système solaire rencontre actuellement toutes les conditions de nature à lâcher un flux cométaire exceptionnel en direc­tion de la Terre : son positionnement au voisinage du plan galactique, sa proximité par rapport à un bras spiral et sa récente traversée d'un système de nuages moléculaires [ . . . ] . Nous vivons aujourd'hui un épisode d'impacts• »

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mercredi 26 novembre 2014

Conséquences De la Chute d'Un Astéroïde de 5 Kilomètres Sur L'avenir De L'humanité





Après les dinosaures les humains...


Ce qui s’est passé il y a 65 millions d’années laisse entrevoir l’impact physique d’une telle catastrophe si elle devait avoir lieu dans un « proche avenir ». Trop loin dans le futur, ce même évènement n’aurait sans doute plus de sens pour nous. Non parce qu’il n’aurait pas lieu. Mais parce que notre espèce, naturellement épuisée et arrivée au terme de son existence sur Terre, aurait peut-être migrée vers de nouveaux mondes, laissant derrière elle une Terre desséchée ; une coquille vide.

Où bien aurons-nous succombé en masse à nos propres sécrétions à la fois physiques et psychiques. En proie à une agonie globale dans les convulsions et les déchirements d’une espèce n’étant pas parvenu au terme de sa maturation. Embryon d’humanité victime d’une difformité prénatale. Nous n’avions en définitive aucune chance de survivre. La Terre ellemême, nous ayant jusque-là si amoureusement et si douloureusement portés, serait morte elle aussi, entraînée dans notre extinction.

Afin de mieux s’imaginer ce que pourrait être la chute d’un astéroïde tel que celui qui a marqué la période K/T, essayons de nous figurer étape par étape la succession des évènements depuis l’apparition de l’objet dans le ciel, jusqu’aux derniers effets de l’impact aussi loin que puissent nous mener la recherche et l’imagination.

Tout d’abord, le franchissement de l’atmosphère ne prendrait, pour un objet d’environ 5 kms et filant à 20 km/s, qu’à peine une dizaine de secondes. Ses couches denses s’étendant depuis le sol jusqu’à environ 85 km d’altitude. C’est à partir de cette limite que les météorites commencent ordinairement à se consumer. Aussi, et une fois passée cette frontière, nous serions à même de voir dans notre ciel une étoile filante qui, loin de s’éteindre progressivement, verrait au contraire son éclat augmenter de seconde en seconde. 

À 20 km/s, le franchissement de l’atmosphère, dans le cas d’une collision « frontale », ne prendrait pas plus de cinq secondes 74 . Autant dire qu’à une telle vitesse, la traînée (les frottements) aérodynamique n’atténuerait en rien la violence de l’impact. La collision se produirait dans un flash de lumière blanche aveuglant, au moins cent fois plus brillant que le disque solaire. Au point d’impact, l’atmosphère et la lithosphère seraient littéralement soufflées par la surpression due à la vitesse du projectile. Sous le choc, l’astéroïde en même temps que la croûte terrestre seraient littéralement pulvérisés. La matière de l’écorce terrestre ainsi volatilisée, jointe à celle de l’impacteur, serait projetée dans l’atmosphère. L’énergie d’impact serait de la sorte instantanément convertie en énergie thermique. Outre un ouragan d’impact à son origine au moins égal à la vitesse d’impact et une onde de choc planétaire ; la température atmosphérique atteindrait des pics de plus de 100°C.



L’impact géographique


Les conséquences purement géographiques de l’impactisme sur notre planète sont bien évidemment proportionnelles à la taille, à la densité et à la vitesse des astéroïdes. La nature du sol est aussi déterminante que la nature du projectile. Les chiffres généralement annoncés sont issus de simulations se basant sur des valeurs moyennes. Concernant la vitesse des astéroïdes, on l’estime généralement de l’ordre de 20 km/s. Néanmoins, ce chiffre peut s’avérer être une grossière approximation quand on sait que certaines observations ont montré des vitesses de l’ordre de 40 km/s. Quand on sait que l’énergie d’un impact est déterminée d’après la formule suivante : E = 1⁄2 mv 2 , autrement dit la moitié de la masse par la vitesse élevée à la puissance 2 ; on comprend aisément que si la vitesse double, la valeur finale sera, quant à elle, multipliée par quatre.

Les impacts importants sont le plus souvent la cause de fissures, sinon de fractures de l’écorce terrestre. Ces blessures provoquent, en plus des remontées magmatiques au point zéro, une activité volcanique intense sur toute la surface du globe. Le tout bien sûr accompagné d’un sursaut de l’activité sismique et tectonique d’une amplitude inégalée.

Si l’impact s’avérait être océanique, autrement dit hors du plateau continental, les conséquences au niveau de l’écorce terrestre s’en trouveraient aggravées. En effet, hors de cette zone, l’épaisseur du manteau terrestre est considérablement diminuée et donc fragilisée. Quand l’épaisseur de la lithosphère varie généralement entre 30 et 90 kilomètres pour la croûte continentale (granitique), elle n’est plus que de 7 à 12 kilomètres pour la croûte océanique (basaltique). Bien que d’une densité moyenne légèrement supérieure à celle de l’écorce continentale (3,3 contre 2,7), l’écorce océanique n’en serait pas moins vulnérable en cas d’impact majeur. En effet, les faibles épaisseurs de celle-ci par endroit la rendraient particulièrement démunie face à un impact d’astéroïde presque aussi épais qu’elle. Au-delà de 2 km de diamètre, il y a le plus souvent fissuration de la croûte océanique avec force libération de magma, de gaz et de vapeur d’eau. Du choc naîtrait une colonne d’eau, de vapeurs magmatiques et de poussières d’impact de l’ordre de 5 000 mètres d’altitude. Cette cheminée gigantesque libèrerait dans l’atmosphère terrestre des quantités astronomiques de gaz, de poussières et de carbone de combustion. Le tout se répandrait uniformément tout autour de la Terre en quelques jours. À terme, plusieurs mois voire plusieurs années, toutes ces vapeurs et poussières finiraient par précipiter dans un déluge planétaire ininterrompu. Enfin, et ce ne serait pas une moindre conséquence, un impact océanique provoquerait de surcroît un tsunami dont les proportions ne laisseraient que peu d’issues à toute forme de vie.

Pour une vitesse de l’ordre de 20 km/s associée à un objet de 1 km de diamètre, la hauteur du tsunami à 1 000 kilomètres du Point Zéro serait de 5 000 mètres. Pour un objet de 5 km ; le tsunami serait de 10 000 mètres. Avec de telles dimensions, et à des vitesses de l’ordre de 500 à 800 km/h, la vague circulaire n’aurait aucun mal à faire le tour de la planète, refermant enfin son étau aux antipodes du Point Zéro ; le Point Zéro / bis. 

Un autre effet, suivant que l’impact serait plus ou moins proche des pôles, consisterait en une modification plus ou moins importante de la cryosphère (l’ensemble des glaces terrestres et marines). Dans tous les cas de figure, il y a de fortes probabilités pour que celle-ci ne résiste pas à plus ou moins long terme aux conséquences d’un impact majeur. L’augmentation brutale de la température dans les premiers temps aurait tôt fait de faire disparaître l’ensemble de cette cryosphère. Le niveau des eaux océaniques s’en trouverait bien sûr considérablement augmenté. Dans le même temps, le tracé des côtes, les courants marins et les climats seraient irrémédiablement bouleversés. Enfin, la détérioration de l’albédo terrestre due à la fonte des glaces et des neiges ajouterait encore à l’augmentation de la température et à l’effet de serre.

Sur le plan uniquement atmosphérique, les immenses quantités de poussières et de vapeur d’eau ajoutées au volcanisme post-impact provoqueraient, outre des perturbations atmosphériques et climatiques évidentes, une altération de la couche d’ozone (O 3 ). Ce qui entraînerait à son tour une augmentation de l’incidence des rayonnements Ultra-violet sur la biosphère, provoquant entre autres de nombreux et irréversibles dégâts et/ou mutations au niveau cellulaire et génétique.

De nombreuses pluies acides auraient quant à elles d’énormes conséquences sur le cycle de l’eau en particulier, et sur le cycle de la vie de manière générale. Enfin, un effet de serre et un hiver d’impact finiraient, comme ce fut le cas par le passé, d’éradiquer bon nombre d’individus et d’espèces inaptes à s’adapter aussi rapidement à des changements aussi violents et importants.

Pour en finir avec cette liste noire, il faut aussi savoir qu’un impact majeur ne serait pas sans incidence sur les périodes de rotation terrestre, occasionnant une modification du champ magnétique et de la magnétosphère. Les diminutions et inversions du champ magnétique terrestre sont des phénomènes aujourd’hui connus et datés. La dernière inversion nommée Bruhnes / Matuyama date d’il y a 700 000 ans. Les inversions naturelles (endogènes) du champ magnétique terrestre ont lieu en moyenne à la fréquence de deux fois par million d’années. La magnétosphère joue un rôle majeur et participe à cet équilibre aujourd’hui nécessaire quant à la préservation de la vie sur Terre. Elle contribue, elle aussi, par le bouclier magnétique qu’elle représente, à stopper les rayonnements solaires et astronomiques les plus nocifs, même s’ils furent en leur temps les indispensables nutriments de ce qui deviendrait plus tard la vie organique. Aussi, les périodes d’affaiblissement, d’annulation ou d’inversion de la magnétosphère sont autant de moments critiques pour la vie sur Terre.

À l’énoncée de toutes ces plaies et des réactions en chaîne que pourrait à nouveau occasionner un tel cataclysme, on s’aperçoit à quel point non seulement la vie, mais les mondes eux-mêmes, sont de fragiles équilibres où chaque partie a un rôle non moins important à jouer au sein du tout. C’est dire à quel point, même si la vie de manière générale dépasse et submerge la seule espèce humaine, et même notre bien petite planète, nous pouvons néanmoins prendre part activement à cette force qui nous emporte et ainsi participer, même humblement, à cette œuvre de vie dont nous sommes aujourd’hui les témoins privilégiés.



L'Humanité d'après (les hommes nus)


Il est difficile d’imaginer comment l’humanité pourrait résister à de tels bouleversements planétaires. On se demande même si la solidarité internationale serait à même de pouvoir s’exprimer dans la mesure où toutes nos structures sociales et tous nos moyens de communication physiques seraient réduits à néant. Il nous suffit d’ajouter les unes aux autres toutes les catastrophes que le monde moderne a pu connaître jusqu’à aujourd’hui ; d’en multiplier l’intensité et d’étendre cette vision à l’ensemble de la planète pour nous faire une idée de ce que serait un tel cataclysme pour notre espèce.

À des millions et des millions de morts s’ajouteraient autant de blessés et de sansabri. Les conditions sanitaires déplorables et les très rudes conditions climatiques continueraient de grossir la liste des victimes. Quelle issue pour les survivants ? Comment survivre au manque d’eau et de nourriture généralisé à toute une planète ? Peut-être quelques rares zones préservées pourraient s’avérer autant de niches écologiques à même de préserver la vie ? À la dévastation des zones agricoles de l’ensemble de la Terre s’ajouterait l’empoisonnement et l’appauvrissement du reste des sols, les rendant impropres à toute agriculture. Une agriculture rendue de toute manière impossible. Tous les moyens mécaniques et industriels, ainsi que les énergies nécessaires à leur mise en œuvre étant immanquablement réduits à néant. L’humanité ainsi soudainement projetée dans le passé, désarmée, assoiffée et affamée, ne pourrait que très amèrement regretter, au nom des pays riches, le temps des gaspillages, de la surproduction outrancière et d’une opulence arrogante et prétentieuse.

Décimés, traqués, isolés, affamés et dépouillés de toutes nos prothèses technologiques ; « hommes nus », nous serions comme autant de nouveau-nés jetés là dans la boue et la souille sans autre recours que de nous presser les uns contre les autres pour nous réchauffer et nous soutenir. Il nous faudrait dès lors tout réapprendre, et dans des conditions sans doute bien pires que ce qu’ont pu connaître les plus primitifs de nos ancêtres. Apprendre à survivre et réapprendre à vivre. Réapprendre à s’aider et à s’aimer aussi. Le temps que la Terre se nettoie de toutes nos impuretés, de toutes nos déjections, poisons et de ceux qu’un cataclysme majeur y aurait ajoutés. Le temps peut-être que nous nous lavions aussi de tous nos poisons intérieurs accumulés pendant des générations.

Peut-être même ne nous serait-il plus possible de vivre à la surface d’un monde devenue trop aride et hostile. Contraints alors de fuir, chassés une seconde fois du Paradis terrestre, nous nous glisserions dans quelque repli de la Terre comme des enfants ratatinés dans le sein de leur mère. À terme, quelle nouvelle forme de vie ne sortirait-elle pas des entrailles du monde ? De quelle régénérescence ou dégénérescence serions-nous les élus ou les victimes ?

Qui sait enfin si certains groupes humains survivants ne s’uniraient pas contre d’autres, plus préservés, pour leur ravir leurs territoires ? Tant de scénarios possibles font qu’il est vain de vouloir aller plus avant dans la description des causes et de leurs infinis effets.

source : Sébastien Junca Blessure d’étoile. La face cachée de l’évolution